introduction à la psychanalyse - 2022 - le corps et la pulsion

L'introduction à la psychanalyse s'adresse aux étudiants, médecins, psychologues, éducateurs, infirmiers, assistants sociaux et plus largement à tous ceux qui souhaitent s’initier à la clinique et à la théorie psychanalytiques freudiennes et lacaniennes.

Elle peut être un premier pas dans la formation de l’Antenne. Elle permet un abord des notions fondamentales de la psychanalyse et de la clinique psychanalytique. Elle constitue une formation moins approfondie que celle de l’Antenne proprement dite, mais elle permet une initiation. La clinique analytique comporte plusieursfacettes : elle repose sur un fondement théorique ; elle implique une confrontation au concret de la clinique ; elle est une « clinique sous transfert » qui se construit loin de toute objectivation, dans la rencontre avec un sujet. Cet ensemble est le mieux à même de constituer à la fois une base théorique et une approche concrète.

Les cinq sessions de 3h chacune, comprendront : Un cours d’introduction aux grands concepts psychanalytiques, d’1h30, laissant large place à la discussion Une séance d’1h30 associant des cas cliniques des enseignants, des témoignages et des questions des participants sur leur pratique, (possibilité d'aide des enseignants). La dernière séance sera suivie d’un après-midi de travail clinique et de discussion autour d'une conversation avec un patient adulte et d'une autre avec un enfant, afin de découvrir ou d'approfondir la clinique psychanalytique. Cet après-midi sera animé par des enseignants de l'antenne clinique. (3h). Des séquences vidéo viennent illustrer les problématiques exposées. Les cours seront accessibles rapidement après les différentes sessions sur le site web de l’Antenne clinique.

Le corps et la pulsion.

La pulsion ne peut s'envisager sans le corps. Pour la psychanalyse lacanienne le corps c'est l'organisme vivant qui a incorporé « l'organe » langage. Le corps est décerné par le langage. Le premier temps est celui du « Stade du miroir ». L'enfant devant le miroir saisit son corps comme image spéculaire unifiée. Il fonde son moi sur cette image. Dans un deuxième temps l'adulte qui l'accompagne le nomme et fait entrer le corps en tant qu'imaginaire dans le symbolique. Le rapport du moi à l'image est dépendant du rapport du sujet au langage. Cette assomption du corps s'accompagne d'une jubilation comme anticipation, d'une certaine maitrise. Cette unité repose sur une illusion spéculaire. Mais, ce que cette expérience laisse de côté, ce sont les différentes manifestations pulsionnelles qui traversent le corps et qui viennent déranger le bon fonctionnement de l'organisme et sesfinalités naturelles. Du fait qu’il est un être de langage, l'enfant est à jamais 9 confronté à une perte de jouissance du corps vivant. Le sujet est donc à jamais séparé d'un objet mythique qui le complémenterait. Seules subsistent des zones érogènes investies par la pulsion. C'est autour de ce manque que gravitent les pulsions. Cet objet, de toujours manquant, Lacan le nomme l'objet a. Lacan distingue quatre objets qui ont tous à voir avec un prélèvement corporel : l'objet oral, l'objet anal (objet de la demande de l'Autre), qu'il reprend de Freud, auquel il y ajoute l'objet regard et l'objet voix, objets du désir. La pulsion s'origine de l'excitation d'un bord érogène et fait retour sur le corps. La satisfaction de la pulsion n'est pas autre chose que ce retour en circuit. Un des destins de la pulsion est le symptôme, qui, nous dit Freud, « est un substitut d'une satisfaction pulsionnelle qui n'a pas eu lieu ». Constatant que le sujet continue à reproduire dans le symptôme ce qui le fait souffrir, Freud introduit le concept de fixation, de répétition et de reste symptomatique inéliminable. Lacan parlera de jouissance. Pour aborder plus concrètement la question du corps et de la pulsion, pour en saisir toutes les occurrences, nous nous appuierons sur des cas cliniques. Nous examinerons comment se manifeste la pulsion dans les différents symptômes, dans la clinique classique (névrose, psychose) mais aussi dans une clinique plus contemporaine (anorexie, boulimie, hyperactivité, autisme, etc.). Ce qui intéresse la psychanalyse c'est de cerner comment des sujets font face à ces jouissances impossibles à supporter et comment quand le corps déborde, quand le langage se défait, quand les inventions de ces sujets ne tiennent plus, il est possible de les accompagner afin que de nouvelles solutions puissent se construire.

 

Cartel d'enseignement : Déborah Allio, Laetitia Billant-Bourdet, Gérard Dudognon, Jacques Michel, Maela Michel-Spiesser