Cours d'Introduction aux grands concepts psychanalytiques

Comment la Psychanalyse traite le symptôme

Le symptôme est au centre de la clinique et de la pratique analytiques. Il se présente comme quelque chose qui insiste, résiste, se répète et dont le sujet souffre. Le sujet s’en plaint à l’analyste à qui il suppose un savoir pour l’en soulager. Pour que le symptôme soit analysable, il faut que le sujet croie qu’il veut dire quelque chose, qu’il y soit impliqué. C’est ce qui constitue la singularité du symptôme analytique, qui se différencie de l’objectivité du symptôme de la médecine.

Le symptôme est d’abord pour Freud un message. « C’est une formation de l’inconscient structurée comme un langage », une métaphore qui a un effet de sens. L’analyse met alors le sujet en position de faire parler son symptôme. L’interprétation est censée lever le refoulement et délivrer une vérité, insue du sujet. La persistance d’une souffrance nommée « réaction thérapeutique négative » après l’interprétation, conduit Freud à considérer le symptôme comme substitut de l’exigence de la pulsion dont la satisfaction s’éprouve comme déplaisir.

Lacan va faire valoir que « Le symptôme est une articulation entre un effet de sens et le rapport du sujet à la jouissance » 1, articulation impliquant le corps et le fantasme. Le travail de l’analyse conduira à isoler une jouissance irréductible, noyau du symptôme et du fantasme. Dans son Séminaire, livre XXIII, Lacan nommera sinthome ce mode de jouir, qui est ce qu’il y a de plus singulier chez chacun, hors signifiant, hors sens. Cette jouissance qui touche au réel du corps du parlêtre, est prise comme événement de corps. Le symptôme appréhendé de ce point de vue de la jouissance n’est pas un accident mais un destin de l’être humain.

 

 

Bibliographie

Deltombe H, « Un symptôme, à quoi ça sert ? » Bulletin du Groupe Petite Enfance n°18- octobre 2002

Laurent D « Nommer le symptôme » Cause freudienne n°50

Miller J.-A., L’orientation lacanienne, Cours 1997-1998, « Le partenaire symptôme »

Miler J.-A., L’orientation lacanienne, Cours 2010-2011 , « L’Être et l’UN »(2010-2011), inédit, , leçons du 4 et du 11 mai 2001.

 

Enseignement :

Annie Kerloc’h, Marie-Paule Le Du, Maëla Michel-Spiesser, Christine Rannou, Daniel Voirin.

1 Miller J.-A., « Le Sinthome, un mixte de symptôme et de fantasme », La Cause freudienne, n° 40, mai 1998, p. 15.