Cours d'Introduction aux grands concepts psychanalytiques

Le sujet psychotique

Dans une institution ou en cabinet, rencontrer le sujet psychotique dans sa singularité, dans son étrangeté, avec ses hallucinations ou son délire, nécessite d’acquérir des repères. Freud s’est principalement intéressé à la névrose. Mais il s’enseigne de la lecture du livre du président Schreber pour mettre en lumière que le délire dans la paranoïa relève d’un travail langaet au monde et à l’autre, après gier visant à reconstruire les rapports du sujune catastrophe subjective. D’où son célèbre aphorisme :« Le délire est une tentative de guérison ».

Lacan est venu à la psychanalyse par l’étude des psychoses. Il a fait une relecture de Freud dans le livre III de son séminaire Les psychoses, contemporain de son écrit, D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose. Dans ce premier enseignement, Lacan élève les trois catégories freudiennes névrose, psychose et perversion au rang de structures. Névroses et psychoses s’opposent d’une manière binaire selon la présence ou non du signifiant du Nom-du-Père.

Dans son dernier enseignement exposé dans le livre de son séminaire Le sinthome Lacan infléchit cette approche en introduisant la clinique des nouages.      

Nous examinerons les concepts essentiels pour aborder la psychose : 

- La forclusion du Nom-du-Père désigne cette absence d’inscription de ce signifiant fondamental dans l’Autre qui laisse un trou dans le symbolique. Toutefois il existe des éléments plus ou moins opérants qui peuvent compenser ce trou aux effets délétères et stabiliser la structure.

- L’inconscient qu'on dit « à ciel ouvert » chez le sujet psychotique.

- Les trois registres constitutifs du sujet : réel, symbolique, imaginaire et leur implication dans le langage, le corps et la jouissance.

- Les trois modalités de la psychose, paranoïa, schizophrénie et mélancolie qui se différencient par un rapport particulier du sujet au langage et à la jouissance. Le paranoïaque identifie « la jouissance au lieu de l’Autre ». Chez le schizophrène, le langage n’annule pas la jouissance du vivant et « Tout le symbolique est réel », comme l’énonce Lacan. Le mélancolique lui, s’identifie à l’objet déchet.

Dans le transfert, l’analyste n’occupe pas la position du maître qui serait persécutive pour le sujet mais il se fait partenaire actif de son effort de nomination et de ses inventions pour se défendre de l’insupportable de la jouissance. Aussi, la prise de parole peut être un appui pour la symbolisation ou bien s’avérer ravageante quand elle conserve une valeur de jouissance.

 

De nos jours, de nombreux sujets psychotiques ne présentent pas les signes classiques des psychoses extraordinaires déclenchées avec délire et hallucinations, mais des signes discrets. Pour répondre à cette mutation clinique, Jacques-Alain Miller a proposé le terme de « Psychose ordinaire » qui recouvre une grande variété clinique de psychoses et indique le style des psychotiques de notre époque qui se défendent de jouissance par des solutions singulières.