Cours d'Introduction aux grands concepts psychanalytiques

La clinique psychanalytique aujourd'hui

Nous vous introduirons à la clinique et aux concepts de la psychanalyse d’aujourd’hui.

La clinique change.

Elle change d’abord avec le malaise contemporain. Freud avait souligné le lien entre le sacrifice de jouissance imposé par la civilisation et la névrose, qu’il définissait à partir du complexe d’Œdipe et des modes de refoulement qu’il engendrait. Mais le déclin des semblants traditionnels, l’affaiblissement des identifications et la « montée au zénith de l’objet a » réorganise la clinique : les formes classiques, névroses, psychoses, perversions, laissent place à d’autres délimitations. L’impératif de jouissance du surmoi oriente la clinique autour des différents modes de jouir : anorexie-boulimie, alcoolisme, toxicomanies ; addictions au shopping, entassements d’objets ; diverses addictions à l’image (internet, pornographie), etc.

Le regard clinique de la psychiatrie change également. Le DSM, qui visait au départ à réduire le babélisme régnant dans la psychiatrie américaine, s’est toujours plus orienté vers une clinique comportementale, objectivable, qui conduit à une véritable forclusion de la clinique du sujet.

Lacan est parti de la position freudienne en opposant le refoulement (Verdrängung) dans la névrose, la forclusion (Verwerfung) dans la psychose, le démenti (Verleugnung) dans la perversion, mais, dans son dernier enseignement, cette dimension structurale passe au second plan : avec la clinique borroméenne et la forclusion généralisée, il en vient à faire de la solution psychotique un cas particulier de nouage entre imaginaire, réel et symbolique, l’amenant à énoncer que « tout le monde est fou, c’est-à-dire délirant », formule soulignant que le réel est pour le sujet hors de portée et qu’il ne peut l’aborder qu’à travers des semblants qui nécessairement ratent ce réel. Ce qui exclut toute solution normée et renvoie chaque sujet à sa solution singulière.