Cours théorique

Comment s'orienter dans la clinique avec la perspective du sinthome?

Le sinthome, concept élaboré par Lacan à partir de sa lecture de James Joyce, « désabonné de l’inconscient », est le pivot du dernier enseignement de Lacan. Le sinthome de tout sujet, abonné ou non à l’inconscient, désigne son mode de jouir, son appareil de jouissance, fonctionnement positif de jouissance attaché au corps vivant qui relève du plus singulier chez chacun et qui échappe à toute catégorisation clinique. L’inconscient, constitué de chaînes signifiantes ayant des effets de sens et de jouissance, a un statut de semblant alors que le sinthome, hors sens, tient au réel. L’inconscient tend à recouvrir le mode de jouir, comme le souligne J-A. Miller : « La signifiance est une élucubration de savoir sur le mode de jouir »(1), l’élucubration de savoir relevant du semblant, de l’imaginaire et du symbolique dans le dernier enseignement de Lacan.

« Prendre le point de vue du sinthome, c’est savoir qu’il y a, qu’il y aura un reste qui ne changera pas, un incurable […], une limite inaugurale à la furor sanandi ». Quelle en est l’incidence sur la pratique de l’analyse ? Le sinthome surmonte le clivage du symptôme et du fantasme et désigne ce qu’il y a de commun entre eux, le mode de jouir du sujet.

Le dénouage du sens et de la jouissance isole un reste hors-sens, mode de jouir du sujet, le sinthome comme appareil de jouissance.

L’interprétation de l’analyste ne sera plus, dès lors, de proposer un autre sens, mais de défaire l’articulation signifiante, l’axiome qui avait dicté un destin au parlêtre. Il s’agit de le reconduire aux éléments primordiaux, hors articulation, hors sens, qui ont laissé une marque sur son corps.

Références bibliographiques : 

(1) Miller J-A., "L'orientation lacanienne. choses de finesse en psychanalyse", leçon du 10 décembre, 2008, inédit.

(2) Ibid.
 

Cartel d’enseignement : Gérard Dudognon, Marie-Paule Le Du, Laurence Metz, Jacques Michel, Françoise Pérès, Daniel Voirin.