Thème 2018 et contenu

Comment s'orienter dans la clinique?

L’Antenne clinique s’adresse aux travailleurs de la santé mentale et du champ social qui souhaitent approfondir les problématiques ouvertes par la clinique et la théorie psychanalytiques freudiennes et lacaniennes. Elle peut constituer une suite pour les participants qui se sont initiés dans l'Introduction à l'Antenne Clinique. Elle conjoint la clinique, la théorie et la pratique dans un ensemble articulé et s’oriente autour d’un thème qui sera approfondi tout au long de l’année.

De Schreber à Joyce. Du sujet au parlêtre

Aujourd’hui la clinique psychiatrique de plus en plus confuse, laisse toujours plus de place à l’évaluation, et mesure l’inadaptation du patient par rapport à une norme. Elle a entamé sa démission au profit de centres dits « experts » qui recueillent des données soi-disant objectivables et dictent les recommandations et bonnes pratiques. Scanners, I.R.M., analyses biologiques et génétiques, sont les instruments de l’observation du patient réduit à l’organe, ici le cerveau.

La clinique psychanalytique est une clinique du parlêtre sous transfert. Elle inclut la cause, l’analyste auquel l’analysant parle.

La clinique lacanienne classique reprend d’abord en termes linguistiques la clinique freudienne et sa tripartition, névrose, psychose et perversion. Elle est discontinuiste : le Nom-du-Père opère (dans la névrose) ou est forclos (dans la psychose). Dans sa dernière clinique, que J-A Miller appelle « Clinique du sinthome »1, Lacan prend le point de vue du réel, des modes de jouir : dans la névrose, la jouissance est limitée par la castration, dans les autres structures elle excède. Dans cette perspective, le Nom-du-Père n’est qu’un nom parmi d’autres du mode de jouir. Cette perspective le conduit à un point de vue plus continuiste, sans qu’il abandonne totalement le point de vue structural, discontinuiste.

Lacan a élaboré le concept de sinthome, qui désigne le singulier, le hors-clinique, aussi bien ce qui reste à la fin d’une analyse que ce qui noue de façon borroméenne les trois registres Réel, Symbolique et Imaginaire.

Nous reprendrons la clinique classique lacanienne en la relisant dans la perspective du sinthome et en nous orientant sur le réel.

1 J.A Miller, « L’orientation lacanienne. Choses de finesse en psychanalyse », leçon du17 décembre, 2008, inédit.

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